Il est 5 heures. Dimanche matin.
La maison est plongĂ©e dans le silence. Pas un bruit, pas un souffle, juste cette impression dâĂȘtre la seule Ă veiller, la seule Ă lutter contre un corps qui ne me laisse pas dormir.
Tout le monde dort profondĂ©ment. Je les entends, au loin⊠les respirations calmes des enfants, le souffle rĂ©gulier de mon compagnon. Et moi, je suis lĂ , les yeux ouverts, Ă attendre que ça passe. Ă espĂ©rer que la douleur sâattĂ©nue, quâelle me laisse enfin un peu de rĂ©pit.
Câest un drĂŽle de sentiment⊠Se sentir Ă la fois tellement seule et tellement responsable. Parce que mĂȘme dans la douleur, mĂȘme dans cette fatigue immense, je sais quâau lever du jour il faudra sourire, prĂ©parer le petit-dĂ©jeuner, ĂȘtre prĂ©sente.
Je regarde lâhorloge⊠encore et encore. Les minutes semblent longues. Mon esprit vagabonde⊠à ce que jâĂ©tais avant. Ă ce que je suis devenue. Ă tout ce que cette maladie mâa pris, et Ă tout ce quâelle mâa appris aussi.
Il y a des matins comme celui-ci oĂč je me sens fragile. Mais il y a aussi, cachĂ©e quelque part, une force silencieuse qui mâaide Ă tenir debout. Ă ne pas cĂ©der. Ă continuer malgrĂ© tout.
Alors jâĂ©cris ces lignes pour toi qui passes peut-ĂȘtre la mĂȘme nuit blanche que moi. Pour te dire que tu nâes pas seule. Que nous sommes plusieurs, Ă©parpillĂ©s, Ă attendre le lever du jour, Ă serrer les dents en silence dans des maisons endormies.
Et bientĂŽt, le jour se lĂšvera. Et nous, on sera encore lĂ .
đž Courage Ă toi qui me lis ce matin.
Amitié,
Steph


Répondre à steph Annuler la réponse.